Claro Intelecto : « Metanarrative »

9 05 2008

Derrière le pseudonyme Claro Intelecto se cache le Mancunien Mark Stewart, déjà auteur d’un premier LP remarqué (Neurofibro). Les titres de ses disques pourraient faire craindre la pire. Des prises de tête. Aucun calcul ici pourtant, ou raisonnement torturé: quelque par entre la ligne historique de Detroit et l’école minimale de Cologne, Metanarrative glisse à l’oreille des basses profondes et sensuelles, presque dub, des nappes de synthé aquatiques, et des beats froids. Envoûtant.

Distribué par Modern Love/Lowlands





Zombie Zombie : Thriller électro

9 05 2008

Les créatures chimériques s’attaquent à la musique. Après Vampire Weekend, Zombie Zombie sort de la cave.

Zombie Zombie n’a pas que le nom d’un film d’horreur. Ou du moins fantastique. Il en a l’ambiance lugubre, l’univers cinématrographique. Zombie Zombie, c’est Etienne Jaumet (Married Monk) aux synthés vintage et « Cosmic » Neman (Herman Dune) à la batterie. Influencé par le groupe de rock progressif Goblin, le duo doit beaucoup à Argento (ils se seraient rencontrés à la cinémathèque lors d’une rétrospective), Romero et Carpenter. « Je m’aperçois que la musique de ces films qui me faisaient si peur étant jeune, m’a profondément marqué« , avoue Jaumet.

Films cultes, contre-culture… A Land For Renegades est la bande originale d’une série B imaginaire. Onze scènes effrayantes et captivantes tournées par des amateurs de krautrock. Autant d’hommages aux pionniers de la musique électronique. Devant pareil tableau, on pense Kraftwerk, Can, Neu! « Je n’aime pas trop les sons électro actuels. Ils essayent en vain d’imiter leurs ancêtres« , commente Jaumet.

Solides références

L’album a beau se terminer par When I Scream You Scream, titre rappelant une réplique de Roberto Benigni dans Down By Law de Jim Jarmusch, il n’en reste pas moins majoritairement instrumental. On y entend des bruits qui stressent, des verres uqi cassent et de dangereuses créatures qui approchent. Le Thriller de Michael Jackson, aurait peut-être ressemblé à ça dans les années 70, interprété par Kraftwerk. Zombie Zombie invite aussi Iggy Pop – pariode berlinoise – à la fête avec la relecture pertinente et hantée de Nightclubbing. Mieux qu’une séance de spiritisme et que le JT, A Land For Renegades foutra la frousse à tous vos proches dans la voiture en rentrant la nuit par les sombres routes de campagne. Plus de peur et de plaisir que de mal…

Zombie Zombie : « A Land For Renegades »
Distribué par Versatile

www.myspace.com/therealzombiezombie





Shooting At Unarmed Men : « Triptych »

8 05 2008

Quand on s’appelle Shooting At Unarmed Men, impossible d’invoquer la légitime défense. De toute façon, ce qu’aime John Chaple, c’est l’attaque. En 2005, tandis que ses anciens compères formaient Future Of The Left, le bassiste des défunts McLusky déterrait ce projet initié en 1999. Le trio sort avec Triptych un second album méchamment burné. Divisé en trois disques, pas très écolo ni pratique, mais assez joli et original, le bazar déménage. Imaginez les Pixies « chargés » comme Ben Johnson avant qu’il mette une danse à Carl Lewis et vous aurez une idée du résultat sur la ligne d’arrivée. Ceux-là, personne ne pourra les disqualifier.

Distribué par Too Pure

www.myspace.com/shootingatunarmedmen





Clinic : « Do It! »

8 05 2008

Groupe liverpuldien, Clinic a toujours aimé le rock malade, nerveux et malsain. L’an dernier, les Anglais sortaient Funf, intéressante compilation de face B. Voix étranglée, rythmiques hypnotiques et syncopées… Do It! ne déroge pas à la règle et sonne comme un best-of. En tendant l’oreille, on peut entendre le war-west (celui complètement halluciné d’un Blueberry) et le martèlement citadin (Wire n’est souvent pas bien loin). Tendu, urgent, Clinic prend à la gorge et ne s’éternise jamais au-delà des 3 minutes 30. Just do it!

Distribué par Domino

www.myspace.com/clinicvoot





UFO Goes UFA : "Pop Garage Symphony n°9"

7 05 2008

L’écurie Freaksville est décidément un bel asile de barjots. Le barré en chef, Miam Monster Miam, a ainsi entrepris d’héberger UFO Goes UFA. Soit Brian Carney, un Anglais, un vrai, passé de Liverpool à Liège (on ne connaît pas le montant du transfert), Sophie Galet, qui tape sur les fûts; et Pascal Scalp, bassiste maison. Comme tout bon groupe surf, ils ont leur hymne (UFO Goes UFA Theme). Comme tout bon acte psyché-garage, ils ont leur délire science-fiction et série B (Hong Kong Slasher, Zombie Nation III…). Comme tout combo punk, ils sonnent sale et rêche, menaçant et arrogant. Chaudement recommandé.

Distribué par Freaksville/Bang! En concert le 24/05 à la Soundstation à Liège.

www.ufogoesufa.com





B-52s : Retour au fun

7 05 2008

Seize ans après leur dernier essai, les B-52s commettent un nouvel album de rock hédoniste et dansant. Tout le monde en piste!

Les B-52s sont de retour! On se rappelle qu’ils ont marqué les années 80 avec leur rock dadaïste et dansant. The world’s greatest party band, disait-on à l’époque. C’était drôle, festif, et légèrement barré mais sans être pour autant fermé ou hermétique. Lancées en l’air par Keith Strickland, les chansons étaient rattrapée au vol par Kate Pierson et Cindy Wilson, aisément reconnaissables à leurs choucroutes paraboliques dressées sur la tête, et rejointes par les interventions nasillardes de Fred Schneider. A vrai dire, le projet était tellement unique que quasi trente ans plus tard, les B-52s sont toujours les seuls à faire du B-52s. D’ailleurs, il ne faut pas trois secondes pour reconnaître ce tout nouveau morceau du combo. Il n’y a pas de mal. C’est même plutôt une qualité à partir du moment où ils oublient de se caricaturer.

Walibi

C’est notamment le pari de Funplex, premier disque studio du groupe depuis 16 (depuis Good Stuff, en 1992, album moyen réalisé en trio, auquel succéderont deux compilations). Amusant: le disque sort au même moment que celui de leurs collègues de REM, autre gloire à avoir placé Athens (Géorgie) sur la carte du rock. Ce n’est pas le seul parallèle. Pour leur retour aux affaire, comme la bande à Michael Stipe sur son dernier Accelerate, les B-52s se sont laissé guider par un seul principe: celui du plaisir. Comme s’ils avaient un jour agi autrement… La différence? « A notre âge, on est beaucoup plus portés sur le sexe, rigole Fred Schneider, croisé en compagnie de Cindy Wilson, il y a quelques semaines à Paris. Les temps modernes n’existent plus, sauf dans les parcs d’attractions« , assène-t-il plus tard. Les B-52s créent donc leur Walibi, avec Funplex. Sur le morceau, Schneider y va d’un « Faster Pussycat / Thrill, Thrill! » qui pose bien le débat sur la piste de danse. La plupart des titres sont d’ailleurs à l’avenant: Pump, Hot Corner, Dancing Now, Keep This Party Going… « Quand on a commencé, il fallait en soirée pour écouter de la bonne musique. Les radios ne jouaient pas ce qu’on aimai, MTV n’existait pas. C’était dans les boîtes que ça se passait.« 

L’Amérique rendue au passage groggy après deux présidences Bush (« Take this party to the White House lawn; things are getting dirty down in Washington, chante Kate sur Keep This Party Going. Depuis huit ans, on vit une mauvaise soirée« , continue Fred), les B-52s sont bien décidés à lui redonner des couleurs. Ils le font en remettant du jus dans leurs guitares, ce qu’ils avaient parfois délaissé par le passé. Au passage, ils ont embarqué le producteur Steve Osborne, qui avait déjà sévi avec New Order, pour son retour en 2001 avec l’album Get Ready.

Mais le grand mérite du disque est qu’il ne chipote pas, et évite de se poser trop de questions. en ce qui nous concerne, le groupe aurait pu même encore pousser le délire plus loin. Mais soit. Le clip de Funplex est par exemple rassurant: c’est bien une véritable horreur, se situant à cet égard dans l’exacte lignée des autres méfaits vidéo du groupe, qui n’a jamais eu peur du ridicule ou du kitsch « hénaurme ». Par les temps qui courent, c’est plus que bienvenu.

B-52s : « Funplex »
Distribué par Astralwerks/EMI. En concert le 11/07 au Cactus Festival à Bruges.

www.myspace.com/theb52s








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